Présentation

  • : Théâtre au Rwanda: Tissage d'histoires
  • : La Compagnie Traversière organise un projet de théâtre au Rwanda destiné aux jeunes, enfants des rues et adolescents scolarisés. Ce projet de deux mois consiste en l'animation d'ateliers de théâtre, en la réalisation du festival de théâtre des Jeunes de Kigali pendant la période de commémoration du génocide, et en la réalisation d'un film documentaire et d'une expo photo.
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La Cie Traversière

La Compagnie Traversière est une association d’artistes issus de différents champs artistiques, et qui utilisent la création contemporaine pour contribuer au développement culturel et à l’harmonie sociale, en France et à l’étranger, en valorisant la créativité du public auquel ils s’adressent. L’un des objectifs de la Compagnie Traversière est de rendre la création artistique accessible à des publics qui n’y ont d’ordinaire pas accès, de stimuler le dialogue entre les cultures et les différences et de faire ainsi de l’activité artistique la pierre angulaire d’un changement profond dans notre société. Pour ce faire, la Compagnie Traversière organise des actions sous de multiples formes (performances, ateliers, expositions, festival, projets de solidarité internationale...)
Dimanche 20 septembre 2009
 Et donc nous y voilà, au seuil d'une nouvelle étape dans notre projet, puisque nous nous rendrons le mercredi 30 septembre à Lyon pour le vernissage de l'exposition, qui restera accrochée pendant un mois, et pour la première projection du film documentaire.
Si vous êtes dans le coin, voici toutes les informations pour vous y rendre. N'hésitez pas à faire passer le mot!

Théâtre au Rwanda: Tissage d'histoires
  Inauguration le mercredi 30 septembre 2009 

  - 18.30: vernissage "U Rwanda 2009", photographies de Julia Yevnine, mezzanine Forum Félix Pécaut.
     exposition du 1er au 30 octobre, du lundi au vendredi, de 9h à 17h.

  - 20.00: projection du documentaire "Théâtre et Réconciliation: jeunes initiatives à Kigali", d'Ariane Zaytzeff, Théâtre Kantor.

  Lieu:  
Ecole Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines
15 parvis René Descartes 69 342 Lyon cédex 7
04 37 37 60 00 / 06 98 05 43 14  
www.ens-lsh.fr/culture
Métro B station Debourg
Bus N° 17 et 32

infos pour accès: http://www.ens-lsh.fr/89989839/0/fiche___pagelibre/&RH=INFOS




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Lundi 8 juin 2009
Des semaines de silence, c'est vrai, mais le projet continue pourtant!

Nous voilà rentrées de Kigali depuis un peu plus d'un mois, un peu tristes, faut bien l'avouer, mais nous promettant cependant d'y repartir bientôt. Le bilan de l'action faite sur place fini, nous avons pu commencer à nous plonger dans l'autre phase de ce projet: le montage du documentaire et de l'expo photo. Voici la petite présentation que nous envoyons dans les établisements scolaires pour y diffuser le film et l'expo ...

Théâtre au Rwanda : Tissage d’histoires
Une pièce, un film, une expo

Pendant les mois de mars et avril 2009, trois membres de la Compagnie Traversière se sont rendus au Rwanda et ont travaillé en collaboration avec l’ONG Never Again Rwanda auprès d’adolescents et jeunes adultes rwandais. Ce projet consistait en l'animation d'ateliers de théâtre dans les lycées, en la réalisation du festival de théâtre de Kigali pendant la période de commémoration du génocide, et en l’organisation d’un stage de théâtre pédagogique.

A l’issue de ces deux mois au Rwanda, la Compagnie Traversière a réalisé un documentaire et une exposition de photographies, retraçant les étapes du projet, les rencontres et les échanges avec les jeunes. Ces outils permettent de témoigner de la réalité du Rwanda aujourd’hui, d’avoir une meilleure connaissance de ce pays et de sa culture par le public français, et de valoriser les initiatives, nombreuses et essentielles, des jeunes Rwandais, quinze ans après le génocide, dans un contexte de réconciliation et de reconstruction du pays. Cette initiative permet aussi de montrer aux jeunes qu’il est d’autres réponses que politiques face aux problèmes de société et que chacun, avec son savoir-faire et à sa propre échelle, peut avoir un impact réel dans le monde. Le théâtre est l’outil que nous avons choisi, nous, mais il en existe beaucoup d’autres.

« La pièce montre que le processus de réconciliation n’est pas détenu par un seul côté – les génocidaires ou les victimes – mais que les deux ont un rôle important à jouer. Si on utilise ce message pour enseigner, notamment aux jeunes, alors nous atteindrons la réconciliation dans moins de 10 ans. » - Christian, Lycéen.

La Compagnie Traversière se propose de diffuser ces deux réalisations dans les établissements scolaires et les centres culturels français, pour sensibiliser les élèves français à la réalité de jeunes de leur génération, dans un autre pays, dans un autre contexte, et leur permettre de porter un regard différent sur l’Histoire contemporaine et ses conséquences, dans le monde actuel. Cette action peut à la fois s’inscrire dans le programme d’histoire, de français, d’anglais (le documentaire peut être en français ou en anglais), d’éducation civique ou dans le cadre de l’activité théâtre, si elle existe au sein de l’établissement.

Le documentaire
Titre : Théâtre et réconciliation : Jeunes initiatives à Kigali
Durée : nous proposons deux formats, selon l’âge du public et le temps  disponible pour l’intervention.
version longue : 52 min
version courte : 30 min
Support : DVD. Nécessite un lecteur DVD pour le visionnage.
Langue : français, anglais, kinyarwanda, sous-titré en français ou anglais.
Public : Tout public

L’expo photo
Titre : Urwanda 2009
Matériel : 6 grands panneaux cartonnés facilement transportables, sans verre, de 8 photos format A4 chacun, que l’on peut facilement fixer dans la salle où aura lieu la projection (CDI, salle de classe, hall)

Temps
Il faut compter 15min de présentation avant le visionnage du film documentaire, et entre 30 et 45 min après, pour la discussion avec les jeunes en session de questions-réponses.
L’ensemble de l’intervention demande une disponibilité d’ 1h30 ou 2h.


L’intervention est entièrement gratuite!


Si vous êtes intéressés pour organiser la diffusion du documentaire et de l’expo photo dans votre établissement, ou si vous souhaitez avoir plus d’informations, n’hésitez pas à nous contacter:



La Compagnie Traversière

Tel : 06 98 05 43 14 (Julia)

Email : cietraversiere@gmail.com ou directement sur ce site









Par Ailin Julia Ariane - Ecrire un commentaire
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Jeudi 9 avril 2009
Quelques lignes ici sur notre experience des rapports franco-rwandais. Lors du festival, les representations etaient suivies de discussions avec le public. Les jeunes de la troupe One Family nous presentaient generalement au moment de saluer en donnant notre nationalite, ce qui nous a valu, a Julia et moi, des questions tres interessantes quant a nos sentiments vis-a-vis de l'implication du gouvernement francais dans le genocide. Les Rwandais sont tous conscients du role de la France au Rwanda en 1994 (et avant), et la plupart d'entre eux ont l'intelligence de faire la distinction entre les actions du gouvernement et la population francaise. Nous avons donc pu repondre a leurs questions et leur assurer que, pour notre part, nous etions bien conscientes des faits et des rapports etablis.

Nous avons rencontre, lors de la representation de mercredi, Adolphe, un journaliste de la radio Voice of Africa, et nous avons eu ce matin une interview avec lui. Nous avons bien entendu parle de notre travail theatral avec Never Again et One Family, mais nous avons aussi pu discuter de la complicite francaise. Julia et moi n'etant pas specialistes de la question, nous nous en sommes tenues aux faits que nous connaissons et nous avons surtout fait connaitre a Adolphe (et ceux qui nous ecoutaient) l'association Survie et son action pour la reconnaissance de l'implication du gouvernement francais dans le genocide au Rwanda. Je donne ici le lien vers le site de l'association, particulierement les articles concernant la France et le Rwanda :
http://survie.org/La-France-et-le-genocide-au-Rwanda.html

Pour le reste, nous sommes en ce moment en plein dans la periode de commemoration, qui dure jusqu'a dimanche. Nous avons participe mardi soir a la veillee d'ouverture et la semaine est ponctuee d'evenements. Il est difficile d'ecrire ici sur ces moments-la, qui sont charges d'emotions et que nous sentons tres intimes. En meme temps, nous travaillons a l'ecriture des rapports d'evaluation du festival, au documentaire, et nous preparons deux reunions importantes pour ce week-end : nous rencontrons samedi les fondateurs de Never Again pour discuter de l'impact du festival et de l'avenir du theatre au sein de l'ONG ; puis nous avons une reunion dimanche avec One Family pour faire un bilan du festival et parler du futur de la troupe.

A tres bientot!

Par Ailin Julia Ariane - Ecrire un commentaire
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Lundi 6 avril 2009
Et voila, la deuxieme edition du festival de theatre de Never Again Rwanda s'est achevee hier, dimanche 5 avril, dans l'enthousiasme des jeunes lyceens invites a voir cette derniere representation! Pourtant, on a eu peur de ne pas pouvoir jouer, pour cause d'une pluie ininterrompue qui en a decouragee plus d'un.

Bref, rapide bilan de ces 9 jours de creation/repetition et de ces 4 jours de representation:

Nous avons commence chaque session par des jeux et des exercices tres fun, pour engager/dynamiser le corps, travailler sur la concentration, developper l'ecoute et la confiance au sein du groupe.  Dans les premiers jours, nous avons propose des themes d'impro simples et generales, pour savoir un peu comment ils travaillaient ensemble sur scene et ce qu'ils connaissaient, afin d'adapter notre travail. Puis nous avons propose des impros autour du theme de la commemoration, puisque c'est de cela dont ils voulaient parler.
Ces jeunes ont un tres grand potentiel et ont a coeur de developper et d'utiliser le theatre pour transmettre un message de paix et de reconciliation au sein des jeunes de leur generation, ce qui est tres beau et tout a fait louable, mais l'ecueil de cette demarche est parfois de faire un theatre d'explication didactique, avec beaucoup de mots, pour etre sur d'etre entendu. Et c'est la petite tendance qu'ils ont eu, sans doute a defaut de connaitre autre chose, vu que le theatre au Rwanda est, pour ainsi dire, inexistant pour le moment. Ils en sont les pionniers, et vu le travail qu'ils ont fournis et les reactions du public, les choses peuvent vite changer.
Donc, pour nous, il etait d'abord question de leur faire comprendre que le theatre se montre plus qu'il ne se dit, que les histoires ont plus d'impact quand elles sont racontees que quand elles sont expliquees, et qu'il esdt bon de laisser au public la liberte d'interpreter les choses a sa maniere.
Nous avons travaille sur la notion d'espace scenique, d'action sur scene, de rythme, et l'incarnation de personnages, et comment montrer les emotions pour qu'elles soient recues par l'audience.
Du point de vue de l'ecriture de la piece, a partir des impros autour du theme de la commemoration, nous avons vu se dessiner certains personnages et certaines situations que nous avons developpes. Nous leur avons propose aussi de creer des scenes de comedie dans la piece, d'abord parce que nous avons pu constater qu'ils prenaient plaisir a les jouer, et aussi pour offrir une autre alternative qu'une piece triste pour le moment de la commemoration qui est un evenement en soi extremement lourd. ca a ouvert des conversations tres interessantes et enrichissantes sur la place du rire, est-ce que ce n'est pas deplace (surtout qu'on est alle joue au memorial de Gisozi), de quoi peut-on rire et comment. Nous leur avons fait comprendre que le rire permet non seulement de creer une reelle connivence avec le public, mais aussi au sein du public meme, et que le rire est une bonne maniere de sensibiliser les gens, de les toucher (nous envisageons de visionner un film de Chaplin avec eux pour qu'ils puissent mieux se rendre compte du pouvoir de la comedie)
enfin bref, la piece mele comedie et tragedie.
Voici le synopsis que nous avons propose au membres du public qui ne parlaient pas le kyniarwanda:



 Gakire tient un bar en ville, ou il accueille de nombreux orphelins avec sa fille adoptive, Anna. Parmi eux, Pidzo, Clara, Nada et Tutina ont monte un groupe de musique et jouent regulierement dans le bar.

      Gasimba est un jeune garcon qui aime danser et chanter et il reve de rejoindre le “groupe de Gakire”. Son pere, Kaberuga, est un genocidaire repenti, implique dans la mort de la famille de Gakire qui avait refuse de prendre les armes.

      Lorsque Gasimba rejoint le groupe, comment Anna, Gakire et Kaberuga vont-ils reagir? Anna et Gakire peuvent-ils accepter une personne qui leur rappelle si vivement leur perte et leur souffrance? Kaberuga peut-il accepter de voir son fils rejoindre ceux qu’il a blesse dans le passé et chanter la memoire avec eux  ? Gakire, Anna et Kaberuga pourront-ils jamais se faire face?

      Menes par le vendeur des rues Rusake et accompagnes des fantomes du passé, chacun va commencer un voyage eprouvant qui ebranlera leurs certitudes et les amenera a s’interroger sur le pardon, la memoire et ce qu'il y a devant.

 

Voila, ca vous donne un peu une idee. La piece a ete tres bien recue , et ce par des publics tres differents. On reviendra bientot vous en dire plus a ce sujet car il yy a beaucoup a dire!

 

Demain, commence la semaine de commemoration.

Ibuka.

 

Bien a vous,

 

J+A+A




Par Ailin Julia Ariane - Ecrire un commentaire
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Mercredi 1 avril 2009

Voila, on y est : la piece est faite, les repetitions terminees, et nous sortons de notre dernier filage, qui nous a donne plein d’espoir pour la representation de demain!

            J’aimerais donner plus de details sur le processus de creation avec les 13 jeunes de One Family ! car il a ete important et enrichissant pour chacun d’entre nous. Nous avons decide de creer une nouvelle piece plutot que de travailler a partir de textes qu’ils avaient deja afin de travailler sur le theme de la commemoration cette annee : «  Se souvenir du genocide contre les Tutsi, combattre sa negation et construire notre nation. »

Les jeunes de la troupe nous ont fait part de leur volonte d’aborder le theme de la commemoration car pour eux, un des problemes majeurs du pays est que tout le monde ne se rend pas a la commemoration. Il existe cette idee que la commemoration est pour les survivants et leurs proches uniquement, et le reste s’en tient a l’ecart, peut-etre parce qu’ils se sentent trop coupables ou parce qu’ils ne se sentent pas bienvenus, ou parce qu’ils refusent simplement de commemorer. Les jeunes voulaient creer une piece qui montre que la commemoration concerne tous les Rwandais et que ce n’est qu’en se souvenant ensemble qu’ils peuvent avancer.

Suite a cette discussion, la premiere chose que nous avons remarque dans le theme de cette annee est qu’il n’est fait mention que des Tutsi alors que de nombreux Hutu qui refusaient de tuer et cachaient des Tutsi ont aussi ete massacres. Il y a donc une absence et une separation dans l’intitule meme du theme de commemoration.

            Nous avons commence les repetitions avec seulement quelques idees : un personnage Hutu qui refuse de se rendre a la commemoration, son fils qui, lui,veut s’y rendre et peut-etre le pousse a y aller, et un personnage qui a perdu les siens et commemore. C’etait vraiment vague et nous voulions a tout prix eviter de faire une scission simpliste Hutu/Tutsi. Les improvisations du premier jour ont ete la base de toute la piece que nous avons imagine par la suite car elles ont ete tres riches. Sont apparus le personnage du pere genocidaire qui noie sa culpabilite dans l’alcool et se cache du monde et celui de son jeune fils qui veut le faire sortir et partager des moments avec lui.

          Nous avons remarque une tendance a la simplification des personnages, notamment avec le pere, qui etait tout le temps agressif et mechant. Lors de cette journee, nous avons travaille sur l’idee de transposition. En effet, la troupe a l’habitude d’un theatre naturaliste qui met en scene la vie quotidienne et des situations extremement realistes. Nous avons voulu montrer aux jeunes qu’en incluant l’univers du reve dans une piece, on peut aborder certains themes de maniere detournee et de cette facon on peut aller plus loin dans le questionnement. Nous avons aussi travaille la metaphore. Un exemple tres interessant fut une improvisation en 4 images muettes avec un conteur qui exposait l’histoire :

1)une famille de rescapes deposait une gerbe de fleurs pour commemorer

2)une famille hutue etait presentee chez elle, ignorant la commemoration

3)l’un des membres de la famille hutue etait juge pour ses crimes commis pendant le genocide

4)le personnage condamne faisait des travaux d’interet general avec d’autres prisonniers (le travail etait de reconstruire la maison d’un survivant du genocide.

Nous leur avons demande de reprendre ces 4 images pour construire une autre histoire n’ayant rien a voir avec le genocide. Ils ont imagine l’histoire suivante :

1)une famille plante des fleurs

2)une autre famille les arrache

3)la famille qui a arrache les fleurs est jugee

4)les deux familles replantent les fleurs ensemble.

Nous avons pu clairement voir que l’histoire des fleurs, si futile qu’elle puisse paraitre, permettait une projection plus grande. On peut imaginer que deux familles ayant eu un conflit a propos de fleurs se joignent pour replanter. En revanche, dans l’histoire originale, il etait evidemment impensable que la famille de rescapes aille faire des travaux d’interet general, cela n’avait pas de sens. Par des exercices semblables a celui-la, nous avons explore les possibilites qui s’offre a l’acteur lorsque l’on s’eloigne du realisme.

A la fin de la journee, les jeunes ont decide de creer une piece qui mele realisme et reve et qui soit construite autour de la volonte de memoire et d’unite des Rwandais.

Vous en saurez plus sur la piece et le reste une autre fois, le temps me manque pour l’instant. La suite au prochain episode !

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